Ardres, ville fleurie et ville nautique...
La Chapelle des Carmes
Les pères Carmes achetèrent deux maisons en 1659 : l'une à l'enseigne de l'ange et l'autre à l'enseigne de saint Jean.
En 1679 s'élevait au dessus du pignon le clocher de l'église des Carmes.
Les Carmes d'Ardres sont un établissement de moyenne importance,
prévu pour accueillir 16 religieux. Il est situé dans le centre ville et borde la Grand'Place.
En 1792, le curé, les Bénédictines et les 5 Carmes doivent quitter Ardres pour chercher un abri plus sûr. La Chapelle des carmes devient halle publique, salle de réunion pour les sociétés populaires, temple de l'être suprême, où l'on honore la déesse de la Raison.
Le mobilier est vendu comme bien national en 1794, pour partie acquis par la commune de Balinghem, et la bibliothèque dispersée.
Le couvent accueille les malades de l'hospice puis sert d'école.
C'est à partir de 1825 que les Carmes deviennent véritablement centre de vie d'Ardres, et de celle de son canton.
Il y a là,donnant sur la place,les services municipaux, le tribunal, le poids publique. Les jours de fête se déroulent toutes sortes de cérémonies officielles, les jours de marché, les commerçants s'installent entre les colonnes de la halle.
Le domaine des Carmes est abandonné en 1962 lorsque la municipalité s'installe dans une maison de maître qu'elle a achetée rue des Lombards. La poste a été transférée dans le couvent en 1986. La Chapelle qui servait désormais de remise souffrait de l'usure du temps.
L'opération de réhabilitation de la Chapelle des Carmes est lancée en 1990, celle ci va alors compter deux volets : l'aménagement intérieur des espaces pour le tourisme et la culture d'une part, la restauration architecturale de l'édifice
de l'autre. La halle au rez de chaussée, devient un hall d'accueil et d'information, (Offices de Tourisme) la salle des fêtes à l'étage est rénovée, les combles sont aménagés en salle de réunion, le bâtiment annexe abrite les locaux techniques. La halle et la salle des fêtes gardent leurs dispositions et leurs décors du début du XIXème siècle.
La façade, suite à enquête menée conjointement par les architectes et les historiens, retrouve son allure générale du XVIIème siècle.

Belle Roze
Née en 1954 dans l'atelier de Maurice Deschodt, restaurée en 1991 dans celui de Stéphane Deleurence, Belle Roze est une géante dont les traits langoureux et la robe bleue et jaune ont été inspirés de Martine Carol dans le célèbre film "Si Versailles m'était conté". Les fêtes de Belle Roze se déroulent (la prochaine en l'an 2000) au début du mois de juillet.
Héroïne locale, Belle Roze sauva Ardres de l'occupation espagnole au XVIIème siècle en révélant un complot que le marquis de Rouville parvint à déjouer.
L'église Notre Dame de Grâce
Édifiée en 1073 par Arnoult 1er dit l'avoué, l'église Notre Dame de Grâce fût construite sur la place du marché en face de la porte du retranchement intérieur. Au XIIème siècle,la tour de l'église paroissiale s'écroula et Arnoult IV, dit "de Colvède" la fit reconstruire. Le saccage de la ville par les Flamands en 1477,et l'incendie allumé par les Anglais en 1492 n'ont pas épargné l'édifice religieux.Il était urgent de le restaurer et de reconstruire la tour. Le grand Bâtard eut l'honneur de poser la première pierre ; c'est ce que nous indique une inscription qui se lit encore sur le pilier sud-est à deux mètres au dessus du sol.On y voit profondément gravé dans une pierre, un encadrement en relief portant, accompagné de flammes,la hotte d'embrasure, percée vers son centre d'un petit trou carré pour apercevoir l'ennemi sans se mettre à découvert; et dans un cartouche au dessous, cette inscription en lettres gothiques: "En l'an 1503 onzième jour de Mai, Antoine de Bourgogne mit la première pierre de cette tour. (Priez pour lui)".
Durant la révolution, la Chapelle de Notre Dame de Grâce fût profanée: un atelier
à salpêtre y fût établi en 1793,de nombreuses tombes furent ouvertes et on exhuma les ossements pour en extraire le trop célébre ingrédient.
Le 5 décembre 1800,une partie de la voûte et du mur séparant la chapelle de la nef s'abattirent avec fracas.Prétextant des mesures économiques, on proposa de démolir la nef et les deux Chapelles du haut,en offrant en retour la réparation du choeur et du transept.Lorsque le culte fut rétabli, en 1802,il ne demeurait plus debout qu'une église mutilée, laquelle pendant plusieurs années, avait servi de magasin à fourrage.
En 1871, la Chapelle de la Vierge, rétablie hâtivement au début du siècle fut transformée par les soins d'une famille ardrésienne. Murailles, voûte, pavé, tout fut renouvelé dans le sanctuaire.La restauration de l'église en 1888 devait encore accentuer le caractère marial.La reconstruction de la nef dont le gothique s'harmonise avec celui du choeur et de la tour fut complété par des dons de vitraux.
L'église Notre Dame de Grâce a longtemps été désigné sous le nom d'église "Saint Omer d'Ardres". Horloge monumentale provenant de l'église Notre Dame. Cette horloge a été installée vers 1860 et a fonctionné jusqu'en 1980.
Cette horloge gravée (LDO) pour Louis D'Odobey est d'époque Napoléon III (1852-1870) Elle est montée sur un bâti en chêne de 1m57 de long, 81 cm de large et 74 cm de haut.
Le châssis est constitué de deux parties en fonte coulée et de deux traverses en fer. Le rouage du mouvement comprend :
Le barillet et sa roue de 96 dents ;
La première roue de 96 dents et son pignon de 12 ailes;
La deuxième roue de 90 dents et son pignons de 12 ailes;
La roue d'échappement de 30 chevilles et son pignon de 12 ailes;
L'échappement est dit à chevilles.
La sortie du mouvement se fait par la première roue, la transmission du mouvement se fait par friction vers la roue d'heure de 90 dents et la roue de minuterie de 36 dents;
la transmission vers le cadran extérieur se fait par des roues de renvoi hélicoïdales.
La suspension à lame supporte un balancier de 1m12 qui pèse 12 kilos.
La charge du poids nécessaire au bon fonctionnement est de 30 kilos.
Le rouage de la sonnerie comprend :
Le barillet et sa roue de 98 dents;
La deuxième roue de 98 dents et son pignon à 14 ailes;
La troisième roue de 100 dents et son pignon à 8 ailes;
Le ventilateur extérieur et son pignon à 10 ailes.
La sonnerie est à heures, répétition et demi.
Ce style d'horloge demandait un remontage hebdomadaire et un entretien régulier.