Cassel dans les Flandres
Mont Cassel en Flandre
Il n'est guère possible d'assigner une époque précise à la fondation de Cassel.
Elle remonte à un temps si reculé que les faits capables de l'indiquer se sont perdus dans l'obscurité des siècles. Un fait est certain : le mont fut fortifié à l'époque des Morins, bien avant l'ère chrétienne et appelé Cassel ou Quastel, ce qui signifiait "forteresse" en langue celte.
Les Ménapiens, premiers ancêtres des Cassellois occupaient l'extrémité septentrionale de la Gaule. C'est la raison pour laquelle Virgile les appela "extremi hominium" (les hommes du bout du monde).
Les Romains conquirent le pays et occupèrent, à leur tour le Castellum, pendant cinq siècles. Ils apprécièrent le Mont Cassel comme excellente position militaire et fortifièrent la terrasse de la butte (175,90 mètres). Les Romains, aussi ingénieux qu'infatigables, construisirent des voies ou routes militaires solides (strata) dont six sont encore remarquables.
La plupart de ces voies furent construites en l'an 27 avant Jésus Christ.
Ils employèrent les légions pour les réaliser: les pavés sont doubles, posés l'un sur l'autre. C'est ce qui explique la solidité de ces chaussées.
Voici ces sept routes ou septemvium:
De Cassel à Minariacum (pont d' Estaires) par Sainte Marie Cappel, Saint Sylvestre Cappel, Strazeele
De Cassel à la Lys (près d'Aire) par Oxelaere, Staple
De Cassel à Tervanna (Thèrouanne) par Bavinchove
De Cassel à Gessoriacum (Boulogne sur Mer) au nord-ouest
De Cassel à l' ancien Marcae (Mardyck) par Esquelbecq, Crochte
De Cassel à Brussiac (Bruges) par Steenvoorde, Poperinghe, Ypres
De Cassel à Viaoviacum (Wervicq) et de là à Tournai.
Depuis l'époque romaine, Cassel fut assiégée, prise ou reprise treize fois, dévastée ou incendiée dix fois, démolie cinq fois, restaurée six fois, bombardée trois fois.
Trois grandes batailles s'y déroulèrent :
En 1071:première bataille de Cassel.Victoire de Robert 1er le Frison près de Bavinche, au bas du Mont, sur la Comtesse Richilde et le Roi de France, Philippe 1er. Le jeune Comte de Flandre, Arnoul, dit le Malheureux, y perdit la vie.
En 1328 : deuxième bataille de Cassel. Défaite de Nicolas Zannequin et des communiers flamants, révoltés contre le comte de Flandre, Louis de Nevers. Le roi, Philippe de Valois, fut le vainqueur de cette bataille livrée du côté d' Hardifort. Le lendemain de la bataille, le Connétable Gauthier de Châtillon, sur ordre du Roi, saccagea la ville et le château fort et passa au fil de l'épée les habitants qui n'avaient pu fuir. Leurs descendants eurent à payer impôt durant plusieurs générations, comme conséquence et punition de ce soulèvement.
La troisième bataille de Cassel, en 1677, la plus décisive pour l'avenir de la Flandre. Victoire des troupes de Philippe d' Orléans, frère de Louis XIV, sur celles du Prince Guillaume d' Orange. Elle entraîna l' ouverture de négociations menant à la paix de Nimège (1678 ) où furent reconnues les frontières actuelles.
Ici finit l' histoire du fameux château-fort, de l' ancien Castellum des romains, véritable rempart des différents régimes qui se succédèrent en Flandre.
Cassel renouera avec l' histoire militaire: le Maréchal FOCH, y installa son quartier général d'octobre 1914 à avril 1915.
En 1914, le Maréchal FOCH, alors Général en chef des armées du Nord, avait son bureau dans une salle de l' ancienne Châtellerie. Il y travailla du 23 octobre 1914 au 21 juin 1915. De cette salle, il y dirigea la bataille de l'Yser. Il y passa, d'après sa propre expression "les heures les plus angoissantes de sa vie".
En 1940, l'arrière-garde anglaise résiste pendant trois jours à l' envahisseur, ce qui permet l'embarquement des troupes alliées à Dunkerque (opération Dynamo).
Cassel est partiellement détruite, 80% de sa population sinistrée.

Maréchal Foch
Cassel, que choisit Foch pour y établir son quartier général en octobre 1914, avril 1918, aux heures les plus graves de la grande guerre, se devait d'élever un monument de reconnaissance au grand soldat qui lui avait épargné les horreurs de l'invasion.
Lorsque, quelques mois après l'armistice, le 19 octobre 1919, le Maréchal FOCH fut reçu à Cassel en triomphateur, l'idée de ce monument était déjà en germe.
Le projet ne tarda pas à prendre corps et un comité se forma pour en étudier la réalisation. Le comité obtint, non sans peine, que le Maréchal ne s'opposât pas définitivement à ce que fût réalisé le voeu de la Ville de Cassel et des Flandres, avec le concours d'adhérents et de souscripteurs, tant français qu'alliés, dont le nombre devait atteindre un chiffre imposant.