Le Marais Audomarois... Géographie
Le Parc naturel régional offre un dégradé de paysages variés, sis entre les hautes terres de l'Artois et la plaine flamande. En empruntant les vallées qui le délimitent, celle de la Hem au Nord et surtout, au Sud, celle de l'Aa, on passe - en longeant des cours d'eau capricieux accompagnés par les bois et les haies - d'horizons urbains et industriels (papeteries de l'Aa) à des paysages agrestes aux reliefs tortueux, souvent couronnés de forêts que soulignent de jaune et d'ocre les coteaux de pelouses calcicoles.
Pays défrichés, alternant vallées humides et bocagères et vallons doux creusés par des rivières temporaires, les campagnes de l'arrière-pays audomarois sont aussi caractérisées par leur architecture locale, où la brique le cède bientôt aux lourds moellons de pierre calcaire.
Entre les deux vallées, les coteaux de Saint-Omer et le haut plateau d'Artois présentent un paysage plus dépouillé, ondulant au gré des vallons qui descendent vers le marais. Là, le long des coteaux, les routes talutées et les villages linéaires s'étalent au rythme des clochers qui ponctuent l'horizon.
Les rideaux calcaires qui organisent savamment le circuit de descente des eaux, source d'érosion sur ces riches limons, strient le paysage de lignes élégantes.Récolte des choux-fleurs dans le marais.
La pente générale dirige les eaux vers la cuvette du marais audomarois, bien calé entre ces coteaux, les premières ondulations des monts de Flandre, le goulot d'étranglement du Mont de Watten et la butte de la forêt de Clairmarais, autant de belvédères ouverts sur un paysage unique en son genre.
L'eau dans ces bas-fonds tourbeux se signale de cent façons. Là, elle sort de sous les couches calcaires. Ici, elle affleure dans le vaste réseau des watergangs, fruit historique d'un lent labeur de mise en valeur depuis les franges cèches. Tantôt, elle coule indifférente aux alentours dans les canaux, tantôt elle s'étale dans les étangs de tourbiers.
Dans tous les cas elle s'exprime dans le paysage par tout un cortège végétal (saulaies, herbages, maraîchages) et architectural (passerelles, digues et vannes) disposé aux pieds de la butte de Saint-Omer.
L'agglomération audomaroise articule d'ailleurs tous ces paysages, défendant l'entrée des vallées, surplombant les marais. Les abbayes implantées sur Saint-Omer ont commandé les grands travaux d'assèchement des marais. Comment s'étonner alors de l'étroite imbrication qu'entretiennent ici la ville et les campagnes ?


Le Brouckailler à Nieurlet