Le Marais Audomarois... Patrimoine
Pays de diversité par excellence, l'Audomarois présente de multiples visages des landes atlantiques aux zones humides en passant par les milieux forestiers, les pelouses calcicoles et les ensembles vallées-versants. Seuls manquent sur les grands ensembles naturels un paysage bocager et des milieux inféodés au littoral.
La chute du plateau d'Artois au Nord-Ouest du Parc donne naissance à des ensembles de vallées-versants calcaires qui, suivant leur degré d'anthropisation, ont donné des hêtraies et pelouses calcicoles. Le caractère argilo-sableux et détritique de l'Est du plateau a vu se développer une lande de grand intérêt biologique et paysager. Quant à la limite Nord-Ouest, elle est constituée par une vaste dépression limitée au Nord par les Monts de Flandre et au Sud par le "coteau de Saint-Omer" : c'est là qu'est niché le Marais Audomarois et deux des principaux massifs forestiers "humides" de la région.
Le Marais Audomarois.
Il est à coup sûr l'élément le plus pittoresque de notre patrimoine naturel, travaillé par l'homme depuis 13 siècles. Le marais est composé d'une mosaïque de parcelles de terre et d'eau étroitement imbriquées entre lesquelles serpentent les "chemins d'eau". Si la façade Ouest du Marais s'est fortement humanisée par le tourisme, la rive Est a préservé sa vocation agro-pastorale mêlant les légres de choux-fleurs à des parcelles de prairies humides. La présence de l'eau et d'une micro topographie associée à des sols très variés ont développé des faciès de végétation très différents :
- le marais Ouest avec ses eaux de sources et ses herbes aquatiques,
- les étangs du Romelaere avec ses bois tourbeux et ses roselières,
- la cuvette de Clairmarais avec ses prairies humides.
La végétation est composée d'au moins 50 espèces sur liste rouge régionale et nationale, la faune y est remarquable.
Les massifs forestiers
Ils sont de trois grands types :
- les forêts de Clairmarais et d'Eperlecques sont des chênaies-charmaies humides,
- la forêt de Tournehem et les autres bois qui sont des hêtraies calcicoles,
- les bois de bouleau et de chêne sur les buttes sablo-argileuses préservent des espaces de landes, tels les bois de Wisques ou ceux du plateau d'Helfaut,
- les forêts humides sont certainement les plus diversifiées et les plus riches en espèces végétales et animales.
Les forêts de Clairmarais et d'Eperlecques possèdent chacune une héronnière. Celle de Clairmarais a servi de base à des publications scientifiques de Jean DORST. 354 espèces de champignons prospèrent sur Clairmarais et les deux massifs offrent d'importants effets de lisières vers le Marais Audomarois. Les espèces animales remarquables sont l'Engoulevent d'Europe, la Bondrée apivore, le Faucon hobereau, les passereaux forestiers, la couleuvre à collier ou encore le Triton crêté.
- les hêtraies calcicoles présentent certainement un intérêt paysager plus important au printemps avec des sous-bois fleuris de parterres de jacinthes. Mais la monospécifité de ces forêts entraîne une diversité plus faible des espèces animales associées. On notera néanmoins la présence du pic noir et celle de rapaces nocturnes (Chouette hulotte et Hibou moyen-duc principalement).
- Les bois sur les buttes argilo-sableuses présentent de grandes disparités de qualité suivant le degré de conquête du bois sur la lande. La présence de mares oligotrophes et de lande tourbeuse est très favorable aux amphibiens et aux reptiles. Ce sont aussi des zones refuges pour des espèces comme la Fauvette grisette et l'Hypolaïs polyglotte.
Les pelouses sèches sur coteaux calcaires.
Ce sont près d'une vingtaine de sites répartis sur 15 communes qui répondent à cette définition. Ces pelouses sont généralement caractérisées par une très forte pente qui a empêché l'agriculture de plaine de se développer. Traditionnellement pâturés par des troupeaux de moutons, les sites de pelouses calcicoles acceuillent une flore riche et diversifiée. Au total, ce sont plus de 300 espèces végétales qui y prospèrent dont 3 sont uniques pour la Région. Leur implantation privilégiée les situe généralement dans des ensembles de vallées de très grande valeur paysagère.
Du côté faune, en dehors de la vipère péléiade qui atteint ici sa limite de répartition au Nord de la France, 4 sites au moins, par la présence d'anciennes carrières souterraines de craie, servent de sites d'hibernation pour les chauve-souris (15 espèces sur les 17 présentes en région fréquentent le Parc, dont quatre sont considérées comme menacées au niveau européen).

Les landes atlantiques.
L'ensemble du plateau est classé depuis le milieu de l'année 1995 en Arrêté Préfectoral de Protection des Biotopes (450 ha) et 4 Réserves Naturelles Volontaires (250 ha) devraient voir le jour prochainement. Le site est victime d'un embroussaillement important suite à l'abandon de pratiques agropastorales traditionnelles, mais il reste qualifié d'exceptionnel pour la qualité de ses habitats au niveau national et international avec 111 espèces remarquables dont 28 protégées. La rareté des paysages de landes dans les plaines du nord-ouest de la France les rend d'autant plus attractifs et mystérieux qu'ils nous sont devenus étrangers.
Le plateau d'Helfaut à Blendecques est l'un des monuments naturels de l'Audomarois.

Les vallées humides de la Hem et de l'Aa.
Les deux portions de ces vallées sont essentiellement composées de cours d'eau (l'Aa et la Hem) mais aussi de prairies, bois humides, mares et saules têtards. Ce sont des sites à forte valeur paysagère dont la qualité des milieux aquatiques présente des eaux particulièrement bien oxygénées. Les herbiers aquatiques sont de belle qualité et sont utilisées comme frayères pour les Salmonidés (Truite fario, Chabot, Vairon...). Le Martin-pêcheur et la Chouette chevêche sont les oiseaux caractéristiques de ces vallées.


Le Brouckailler à Nieurlet