Le Marais Audomarois... Paysages
Le Marais Audomarois
Si la gestion de l'eau explique ici presque tout le paysage, ses modalités ont généré des horizons fort différents.
Les franges occidentales, autour du Grand Large, présentent un paysage touffu, où le saule têtard abonde, où de petites fermes s'avancent loin, dans les eaux.
Les parties centrales plus récentes et asséchées au XIXème siècle par les wateringues, offrent au contraire un paysage de maraîchages ouverts, puissamment structuré par le rigoureux réseau des watergangs délimitant les lègres de terre. Ailleurs, l'exploitation de la tourbe nous a légué de vastes étangs offrant un précieux refuge à une avifaune riche. Le canal de l'Aa et la voie ferrée, ouvrages surélevés soulignent la géométrie des marais tout en arrêtant les vues et en renforçant de la sorte la densité, la prégnance du paysage. Les contraintes que le milieu impose encore aux pratiques humaines font du marais une terre préservée d'infrastructures routières, sillonnée par les bacôves, enjambée par les passerelles et protégée de l'inondation pourtant par de simples vannes...
Les coteaux de Saint-Omer.
En plein coeur du Parc, les coteaux de Saint-Omer forment une parenthèse de calme au milieu de paysages très denses.
Les ondulations souples des vallons donnent sa respiration à un plateau largement voué aux cultures. Ainsi, l'immensité des champs forme un vaste parvis pour les vallées sèches le long desquelles se lovent villages et routes, calés entre les lignes jaunes et vertes des rideaux calcaires et des talus. La R.N. 43 arrête ce paysage, depuis lequel dans les lointains, les buttes de Clairmarais et de Watten signalent la proximité du marais et des Monts de Flandre.

L'agglomération audomaroise.

Axée autour du pivot de la butte sur laquelle s'est implantée Saint-Omer, L'agglomération s'organise au-delà des anciens remparts de cette place forte que verticalisent monuments et flèches gothiques.
Chacun de ces anciens faubourgs, devenus villes, tire sa structure du paysage qu'il introduit. Les alignements de maisons de maraîchers du Haut-Pont sont l'endroit d'un décor dont l'envers s'ouvre sans transition sur le marais. Longuenesse et Arques, en revanche, annoncent l'entrée dans la vallée papetière de l'Aa et déclinent le long de routes bien tracées sur les coteaux une architecture industrielle souvent remarquable (ascenseur à bateaux des Fontinettes).

La vallée de l'Aa.

Axe d'urbanisation ancienne, la vallée de l'Aa tire son originalité non seulement de son architecture industrielle, ponctuée d'éléments anciens (grandes fermes, moulins à eau), mais aussi de la franche opposition entre ses deux coteaux. Aux villes organisées le long de la D 211, répondent les pentes enfrichées et sombres du versant orienté au Nord. Les papeteries et les carrières sont dominées par des bois denses au milieu desquels persistent d'intéressants milieux de landes (plateau d'Helfaut). Entre ces deux univers, l'Aa ramifiée en plusieurs cours se signale par les jardins, les parcs et les prairies bocagères qui l'accompagnent.
La Haute Vallée de l'Aa.
Lumbres ouvre un paysage en tout point différent de celui de la vallée urbaine et industrielle. Le relief s'accentue, affectant dans les lointains l'aspect de monts imposants. Tout semble s'agrandir : les rideaux calcaires accueillent des taillis impénétrables, les bois et les forêts couronnent les sommets, l'agglomération de Lumbres se déploie sur les coteaux. On parcourt la vallée le long de coteaux pentus, ravinés de vallées sèches, où demeurent d'immenses surfaces de pelouses calcicoles piquetées de genévriers. Bien composés le long des routes de corniche, les villages et les bourgs semblent se faire discrets face à tant de majesté.

Le Val d'Acquin.

Coulant au pied d'un long ravin né d'une faille, les eaux irriguent ici des fonds bocagers. Parmi les haies taillées, les villages s'agglomèrent autour des églises de tuffeau. Le paysage contraste donc en tout point avec celui du Haut Plateau d'Artois qui domine le ravin. En s'enfonçant dans les vallons aux fons humides, le paysages se ressere tandis que les coteaux s'enfrichent. La forêt gagne bientôt l'ensemble et on entre finalement dans les bois qui donnent plus loin sur le Pays de Licques.

La Vallée de la Hem.
La Hem circule au gré de ses nombreux méandres dans un fond pâturé strié par les haies basses, ponctué par les vieux moulins à eaux et animé par les saules. Cette ample dépression est bordée par de hauts reliefs portant d'imposantes pelouses calcicoles, elles-mêmes couronnées de bois et de forêts. Il en résulte un paysage très étagé, dans lequel les routes, longeant la vallée, s'insèrent en douceur. Le calcaire domine dans les villages auréolés de prés et de haies arborées qui, implantés à mi-pente, offrent des belvédères sur le fond de vallée.

La chaîne boisée de la Plaine maritime.

Enserrant l'Aa à son entrée dans le Calaisis, les buttes qui portent la forêt d'Eperlecques et le Bois du Ham à Watten forment en quelque sorte la porte septentrionale du marais.
Là, entre monts boisés et terres humides (marais au Sud, plaine maritime au Nord), les bourgs et villages de Watten, de Ruminghem et de Muncq-Nieurlet offrent un aspect prairial très marqué. Au delà de la chaîne boisée, au pied du village de Ruminghem, la plaine wateringuée s'étend jusqu'à la mer, dont l'horizon peut être perçu depuis les buttes.


Le Brouckailler à Nieurlet