Saint-Omer, ville d'art et d'histoire...
La Bibliothèque

Cet édifice remplace l'un des anciens bâtiments du collège des Jésuites wallons qui datait de 1590.
Le projet adopté par la Municipalité à la fin de l'année 1891 fut celui présenté par l'architecte calaisien Decroix. Il proposait un bâtiment comprenant un premier niveau réservé aux classes du lycée, un deuxième pour la bibliothèque et un troisième de moindre importance, ou attique, pour les archives.
La facade conçue par Decroix montre de l'invention et de la richesse même si l'on peut y déceler des réminiscences. L'emploi conjugué de la pierre et de la brique rappelle en effet le style Louis XIII. Au-dessus de la porte, le balcon et les candélabres qui le flanquent, les petites arcades de l'attique, la moulure à frettes du premier niveau appartiennent à la Renaissance tandis que le bossage et l'ordre corinthien qui rythment l'ordonnance sont imités du XVIIe siècle.
Il faut aussi noter l'idée du contraste entre le premier et le deuxième niveau ainsi que le traitement large et vigoureux de celui-ci. Ses immenses baies éclairent une vaste salle où les boiseries de la bibliothèque de l'abbaye Saint-Bertin ont été remontées.
Le troisième niveau, par la surcharge de sa décoration et la complication de ses frontons affaiblit quelque peu l'effet de cette belle composition.
Dans les cartouches qui rythment l'attique au droit des pilastres, sont gravés les noms de savants audomarois que la municipalité a voulu honorer :
Simon Ogier, poète latin du XVIe siècle ;
Jean Hendricq, chroniqueur du XVIe siècle ;
le père jésuite Jacques Malbrancq, historien de la Morinie (1579-1653) ;
Pierre Allent, pair de France (1772-1837) ;
Jean-Baptiste Caventou, célèbre chimiste, inventeur de la quinine (1795-1877).
La salle du fonds ancien contient environ 40 000 volumes.
Ses 1700 manuscrits et 193 incunables proviennent en majeure partie des abbayes Saint-Bertin et de Clairmarais. La bibliothèque conserve, en outre, un exemplaire du tome premier de la Bible de Gutenberg dite "Bible à quarante-deux lignes".
Les archives renferment l'original de la célèbre charte d'affranchissement de 1127 concédée à la Commune par Guillaume Cliton, comte de Flandre.
Au XIXe siècle, le gros des notaires audomarois est venu enrichir un dépôt déjà très important.