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Saint-Omer,
ville d'art et d'histoire... |
La
rue Carnot La rue Carnot est la plus large des artères parallèles qui traversent la ville d'est en ouest. Elle monte vers la place Victor Hugo appelée autrefois le Vieux Marché. Dans sa partie basse s'ouvrait l'une des portes de l'enceinte du XIIe siècle vers laquelle convergaient les rues qui portent aujourd'hui le nom de rue de l'Arbalète et de rue Faidherbe. Les habitants des faubourgs qui venaient vendre leurs produits dans la ville empruntaient cette voie qui fut désignée sous le nom de Grosse Rue en raison de ses dimensions et de son intense activité. C'est en 1889 que le Conseil Municipal lui donna le nom de Carnot en hommage à Lazare Hippolyte Carnot, homme politique (1801-1888) qui fut ministre de l'Instruction publique en 1848. Né dans la résidence de la famille Dupont à l'angle de la rue Omer / Pley (n°10), il était le second fils de Lazare Nicolas Carnot (le Grand Carnot) et de Marie Jaqueline Dupont. Il fut le père de Sadi Carnot, quatrième président de la IIIè République. A l'angle de la rue Carnot et de la rue de Valbelle, une vaste fontaine fut construite en 1732. Elle comportait six robinets de bronze en forme de tête de griffon. A gauche, n°40-42, cet hôtel particulier fut acquis en 1858 par Romain de Givenchy qui en fit don au Petites Soeurs des Pauvres pour l'établissement d'un hospice. Il est aujourd'hui le siège d'un Institut de formation en soins infirmiers. En septembre 1853, Napoléon III et l'impératrice Eugénie y furent reçus. Les n°55, 57 et 61 forment un bel exemple de ces grandes demeures de style classique qui ont renouvelé la physionomie de l'architecture urbaine depuis le XVIIIe siècle. N°52, de 1914 à 1916, les bureaux de l'État-Major britannique s'y installèrent. C'est dans cette maison que le 14 novembre 1914 mourut, âgé de 82 ans, lord Roberts venu en France visiter les troupes indiennes engagées sur le front de Flandre. Au n°68, façade à pilastres avec chapiteaux composites et décoration de guirlandes. Les pilastres de l'attique sont couronnés de chapiteaux ioniques. N°86, la travée centrale comprend une fenêtre ornée de chutes de feuillage et une console de balcon décorée de guirlandes. N°91-93, cet hôtel particulier du XVIIIe siècle devint un relais de la Poste aux chevaux puis un hôtel de voyageurs. En 1914, il fut cédé à la banque du Crédit du Nord. La reine d'Angleterre, Caroline, épouse de George IV, y a logé en 1820. Le duc d'Orléans et ses frères y ont séjourné plusieurs fois. N°35 et 37, ces édifices présentent une particulière réussite de l'architecture classique. Le n°35 fut bâti par le Magistrat en 1749-1750 pour y loger le chef militaire de la Place. La rue fut alors appelée rue du Commandant. N°15, un petit bas-relief porte l'inscription : "Au vieux amis" 1717. N°14, Hôtel bâti en 1776-1777 pour Marie-Josèphe Sandelin, comtesse de Fruges, actuel musée des Beaux-Arts. |