Saint-Omer, ville d'art et d'histoire...
La Fontaine Sainte-Aldegonde

En 1756, le Magistrat décida d'édifier un grand décor de fontaine contre le chevet de l'église Sainte-Aldegonde qui s'élevait à cet endroit. Désaffectée pendant la Révolution, l'église fut ruinée par la chute de son clocher en 1800.
La fontaine, qui avait été préservée fut conservée.
C'est l'ingénieur Nezot, venu à Saint-Omer pour réaliser le plan en relief de la ville, qui donna le dessin de la nouvelle fontaine et fut chargé d'en surveiller la construction.
La fontaine comprend trois grandes niches qui alternent avec deux portes étroites dont les encadrements sont ornés de coquilles. Une balustrade surmontée de quatre vases couronne l'ensemble.
Deux d'entre eux sont dus aux ciseaux de Jean-Charles Chifflart (1725-1782). Au-dessus de la niche centrale, deux statues représentant les principales rivières de la région, l'Aa et la Lys, encadrent les armes de la ville. Elles datent de 1856. Malgré quelques modifications, la fontaine Sainte-Aldegonde présente dans la ville le témoignage le plus beau et le plus complet de l'art Louis XV.
A l'époque de la construction de cette fontaine, naissait le troisième fils du dauphin, le futur Charles X, qui reçut du roi Louis XV, son grand-père, le titre de Comte d'Artois. Le Magistrat dédia le nouveau monument au jeune prince comme en témoignent les deux premiers vers latins gravés dans la niche centrale : "C'est au moment où l'auguste enfant reçoit le nom de la province d'Artois que ce décor vient enrichir la fontaine - 1756"
Les trois autres inscriptions rappellent les bienfaits de l'eau et la sollicitude des édiles :
Dans la niche de droite :
"L'eau en renouvelant la vie purifie l'âme de la faute du père et plus visiblement, elle étanche la soif des citoyens."
Dans la niche de gauche :
"C'est la foi qui a construit le temple et le souci prévoyant des édiles (a construit) la fontaine : ceux-ci ont travaillé pour leurs concitoyens, celle-là pour Dieu."
Dans la niche centrale :
"Un siècle après, sous le majorat de Folard, une eau plus abondante jaillit ; au fronton une nymphe et un dieu sont assis - 1856."